Doit-on annuler un voyage à cause d’une catastrophe naturelle ?

Doit-on annuler un voyage à cause d’une catastrophe naturelle ?

C’est devenu une tradition, chaque année je fais un voyage avec deux copines rencontrées à la fac. Des années de souvenirs à réviser et faire la fête se sont poursuivies à travers les plages de Martinique, les rues mouvementées de Londres et les odeurs colorées d’Inde. A chaque voyage, nous choisissons la destination pour l’année suivante. Pour 2017, nous nous projetions déjà sur le sable chaud de Bali. Nous en rêvions toutes les trois. Mais nos plans sur la comète ont été bouleversés quelques semaines avant l’échéance, lorsque nous avons reçu des messages de diverses sources mieux informées de l’actualité que nous : le mont Agung, un des volcans les plus influents de l’île, se réveille. Et lorsque l’on se met à imaginer de la lave en ébullition et des cendres dans le ciel, ça fait sacrément cogiter sur la tournure que peuvent prendre nos vacances.

« Un volcan d’émotion ! »


QUE VOUS SOYEZ FORTS OU NON EN MATHÉMATIQUES, LA PREMIÈRE ÉTAPE EST DE FAIRE UN CALCUL STATISTIQUE DES RISQUES

C’était récurrent et de plus en plus effrayant d’entendre chaque jour les mots « alerte de niveau 4 », « alerte maximum » ou encore « consignes de sécurité ».

Agrippée aux actualités, je regardais sans cesse l’évolution de la situation. Le nombre de locaux évacués augmentait toutes les heures. 50 000, puis 80 000, puis 100 000. Idem pour les distances à respecter autour du volcan qui s’agrandissaient elles aussi à vive allure. Jusqu’où allait s’étendre le phénomène et y avait-il une chance que nous puissions partir dans de bonnes conditions ?

Un voyage à 3 signifie 3 personnalités différentes et 3 façons de réagir. Certaines plus téméraires, souhaitaient partir coûte que coûte, quand d’autres les considéraient plus folles que courageuses. Puis la tendance s’est inversée, les plus sures d’elles sont devenues fébriles, et inversement. Fallait-il prendre un compte qu’un risque, même minime, reste un risque ? Ou qu’un risque connu et contrôlé vaut la peine d’être pris ?

Force est de constater que la nature humaine à tendance à se rassurer. Dans la peur de partir on exagère l’impact des faits locaux pour se rassurer dans sa décision d’abandonner un voyage. A l’inverse, on diminue les risques pour se dire que nous pouvons partir sans problème. Qu’il y a peu de chance d’être au mauvais moment au mauvais endroit. Tout est une question de perception. Car ce qu’il se passe vraiment sur place, ce n’est qu’une fois là-bas que nous pourrons vraiment le savoir.

Au final, chacune a demandé conseils à ses proches pour avoir les idées plus au clair. Et finalement, on a vu encore plus trouble. Les personnes qui tiennent à vous s’inquiètent beaucoup plus vite pour vous… Alors on a finit par avoir des doutes nous aussi…

« Dans la peur de partir on exagère l’impact des faits locaux pour se rassurer dans sa décision d’abandonner un voyage. A l’inverse, on diminue les risques pour se dire que nous pouvons partir sans problème. »

 

PEUX-TON VRAIMENT PROFITER QUAND LA POPULATION DU PAYS EST EN PLEINE CRISE ?

Est-ce seulement une affaire de « Tant pis, je ne ferais pas la randonnée sur le volcan » ? Ou le processus de réflexion va bien plus loin que cela ?

Effectivement, on s’imaginait mal se balader en maillot de bain sur les plages d’Indonésie, pendant que la moitié de la population de l’île dormait dans des lieux d’accueil. Des photographies présentaient des femmes avec leurs biens et leurs bébés dans les bras. Même les vaches étaient évacuées ! Éthiquement, on se demandait si l’on pouvait continuer notre voyage comme si rien de rien n’était. Et sans préparation, il est difficile de transformer son voyage en cause humanitaire. Surtout lors de retrouvailles de longue date entre amies…

QUELS OUTILS UTILISER POUR SE RENSEIGNER SUR LES CATASTROPHES NATURELLES ?

Le site de l’ambassade française publie régulièrement des informations sur les pays étrangers et ce qu’il s’y passe. Consultez-le pour suivre les faits divers du pays où vous allez-vous rendre. Les articles sont écrits en français, ce qui s’avère nécessaire lorsque l’on ne parle pas la langue du pays. Sur la page d’accueil, il y a régulièrement des publications intitulées « messages aux français de passage dans tel ou tel pays ».

Votre compagnie aérienne peut aussi être d’une aide précieuse, si toutefois vous arrivez à avoir un interlocuteur. Ils reçoivent de nombreux appels et demandes de remboursement lorsque la situation devient dangereuse dans un pays. Les centres d’appels peuvent donc servir de baromètre, même s’il ne vaut mieux pas les déranger sans raison apparente.

Pour finir, il y a souvent des journalistes sur place qui couvrent les faits et de nombreux articles apparaissent sur les moteurs de recherche. Avec les informations en continue, vous pouvez obtenir des nouvelles en temps réel.

 

MES ÉCONOMIES ET MES JOURS DE CONGÉS ALORS ? ET MES ENVIES ?

Le vrai problème quand une catastrophe naturelle survient, c’est qu’elle arrive sans prévenir (ne me remerciez pas pour cette découverte). Nos billets d’avion étaient réservés depuis 6 mois. Idem pour la quasi intégralité de nos logements sur place, ainsi que la location de voiture. Nous avions commencé à rédiger un programme avec notre itinéraire et les attractions phares à découvrir sur place. Ça demande un long cheminement avant de réussir à faire une croix là-dessus.

Dans notre cas, comme je pense que c’est généralement le cas dans ces situations, les loueurs ont été très compréhensifs. La meilleure option est d’écrire un mail sincère en expliquant la situation délicate dans laquelle vous vous trouvez. Nous avons reçu un remboursement d’Airbnb quasiment immédiatement et pour le reste des réservations faites sur Booking nous n’avions pas avancé d’argent. L’agence chez qui nous avions loué la voiture a annulé la réservation en quelques clics. Quelques clics et notre voyage partait définitivement en fumée.

Pour le billet d’avion, c’est là que ça se complique… Les compagnies aériennes sont malignes et aiment bien utiliser les petites étoiles pour justifier des clauses au contrat qui nous lient à elles lorsque l’on achète un billet d’avion. Sachez-le, les compagnies aériennes se déchargent de toutes responsabilités concernant les catastrophes naturelles, les billets seront à votre charge. Même si vous ne montez pas dans l’avion, même si vous les prévenez à l’avance : sans assurance, tout sera pour votre pomme.

Il est aussi primordial de connaître les règles concernant les escales. Vous êtes obligés d’utiliser l’intégralité de vos billets. Il est impossible de monter à une escale si vous n’avez pas embarqué dès la première destination. Prenons notre exemple :

L’allée : Paris > Singapour > Bali / Retour : Bali > Singapour > France

Les problèmes se situaient à Bali, nous pensions avoir comme échappatoire des vacances à Singapour. Pour l’allée pas de soucis (si vous n’avez pas de bagages en soute bien entendu). Mais pour le retour, il n’aurait pas été possible de faire uniquement le trajet Singapour > France. Il fallait absolument embarquer à Bali. Allez savoir l’intérêt.

Avec un peu d’acharnement (ok, beaucoup), des dizaines de coup de fils plus tard et des musiques du répondeur d’Air France dans la tête, la compagnie a fini par nous proposer des bons de la valeur de notre billet. Des crédits utilisables immédiatement ou non, et même divisibles pour les dépenser sur différents vols. Petit secret entre nous, nous avons même bénéficié d’un coupon d’une valeur supérieure au prix de notre billet initial. Nous avions eu une promotion sur un site intermédiaire. Tout est bien qui finit bien !

« Les compagnies aériennes se déchargent de toutes responsabilités concernant les catastrophes naturelles,  les billets seront à votre charge. »

« Il est aussi primordial de connaître les règles concernant les escales. Vous êtes obligés d’utiliser l’intégralité de vos billets. Il est impossible de monter à une escale si vous n’avez pas embarqué dès la première destination. »

ÉVITER LES PRÉJUGES

Avec les médias, il est possible qu’on se fixe des aprioris vis à vis de certains pays et leurs cultures. Que ce soit à travers la religion, les conflits politiques, les modes d’éducations, des incompréhensions peuvent se créer. Il faut donc réussir à équilibrer nos pensées et trouver le juste milieu entre une destination vraiment dangereuse et les simples faits divers. Voir si la situation est temporaire ou non, car finalement il y a des risques partout, même chez nous, et on ne s’empêche pas de vivre pour autant. En tout cas, sachez que les billets d’avion pour New York le 11 septembre, sont sacrément accessibles…

«  Il y a des risques partout, même chez nous, et on ne s’empêche pas de vivre pour autant. »

 

POUR CONCLURE : PENSER A UN PLAN B

Aucune décision ne doit se faire dans la précipitation. Ne pas inclure le stress dans nos réflexions et essayer de rester rationnel face à une situation donnée, même si je conçois bien que cela n’est pas toujours facile. Pensez à une solution de recours avant d’annuler votre voyage. Car en général, quand on attend ses vacances depuis plusieurs mois, on veut ABSOLUMENT partir, et on en a besoin.

 « Les catastrophes poussent tous les hommes forts et intelligents à la philosophie. » Honoré de Balzac – La comédie humaine de Balzac

 

P.S : Le volcan à Bali a fini par se réveiller.

Et vous, avez-vous déjà été confrontés à une catastrophe naturelle pendant un voyage ? J’aimerai en connaitre plus sur vos aventures et savoir quelle(s) décision(s) vous avez prise(s). Puisque généralement les voyages sont bourrées d’imprévues, partageons-les ! Ça évitera peut être à d’autres d’avoir les mêmes…



4 thoughts on “Doit-on annuler un voyage à cause d’une catastrophe naturelle ?”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *